Air d’Enfance de Bassidi et Nana : le livre des comptines marocaines


Coucou (future) maman et (futur) papa, 

Les mémoires peuvent être longtemps marquées par les chansons, en particulier celles qui accompagnent l’enfance. Le livre Air d’Enfance de Bassidi & Nana remet les comptines traditionnelles marocaines au goût du jour. Porté par la voix, le rythme et les illustrations inspirées de l’imaginaire, de l’Histoire et des paysages du Maroc, l’ouvrage audio interactif fait dialoguer patrimoine oral et création contemporaine.

Monpremierbebe.fr : Comment est né le livre Air d’Enfance ? Quelle est l’histoire émotionnelle, personnelle qui se cache derrière ce projet ?

Bassidi & Nana : Initialement nous n’avions pas en tête de créer Bassidi & Nana en tant que start-up. Il faut savoir qu’avec ma maman, nous habitons au Maroc mais nous avons longtemps vécu à l’étranger en raison du travail de mon papa, paix à son âme. A la maison, il y a toujours eu ce côté patriotique, l’amour du pays comme beaucoup de Marocains l’ont. Quand j’ai eu mes enfants, nous nous sommes rendu compte que l’on chantait seulement des comptines en français pour eux comme « Frère Jacques », « Au clair de la lune ». Alors ma mère s’est mise à chanter en arabe mais elle ne se souvenait plus trop des paroles. Etant donné que mes enfants ont toujours été adeptes des livres audios en français et en anglais, j’ai recherché le même type de support en arabe puis en dialecte marocain. Mais il n’y en avait pas. Donc, cela a été le challenge que l’on s’est fixé : créer ce que nous ne trouvions pas ! Cependant Bassidi & Nana n’est pas né en tant que start-up souhaitant concrétiser un projet. C’est d’abord le concept du livre Air d’Enfance qui a vu le jour puis lorsque l’on a commencé à travailler dessus, les idées ont fleuri. Alors la start-up a été créée.

Monpremierbebe.fr : Pourquoi ce nom « Bassidi & Nana » ?

Bassidi et Nana : Tout simplement car étant enfants, mes frères et moi-même appelions nos grands-parents Bassidi et Lala, comme d’autres Marocains. Certains utilisent aussi ba lhajj, mouilala, haziza, il y a beaucoup de noms. Quand mon aîné est né et qu’on lui disait de répéter lala, il ne parvenait pas à prononcer le « l » qu’il remplaçait par un « n ». Cela donnait nana. On en a ri et ma mère souhaitait qu’on le laisse faire comme il voulait, telle une grand-mère gaga de son premier petit-fils. Nous avons donc pris l’habitude d’utiliser nana. Quant à bassidi, c’était le rêve de mon père, paix à son âme, d’entendre ses petits-enfants l’appelaient ainsi. Donc, « Bassidi & Nana » est un hommage.

Des comptines en darija et amazigh

Monpremierbebe.fr : Comment avez-vous sélectionné les chansons ?

Bassidi et Nana : Ma maman a fait le travail. Moi, je ne connaissais que certaines des chansons sélectionnées : trois avec les paroles et simplement les mélodies de cinq autres. Ma mère a répertorié celles qu’elle connaissait, celles dont elle se souvenait. Elle a parlé avec toutes les femmes de notre famille qui sont encore en vie. Il y avait notamment les grandes-tantes voire même les voisines de longue date. Elle a collecté les chansons et les deux en amazigh (en berbère) ont été proposées par la jeune fille qui les chante dans le livre. En effet, nous n’en connaissions pas du tout et j’avais peur de me tromper en me contentant seulement d’Internet. Elle a donc vraiment faire un travail de recherches. Puis, après cette sélection, il a fallu poser une mélodie pour chaque chanson et c’est  un jeune homme fantastique qui a fait cette partie-là.

Monpremierbebe.fr : Quel rôle jouent, selon vous, les comptines et les histoires orales dans la transmission culturelle marocaine aujourd’hui ?

Bassidi et Nana : Je pense que c’est primordial parce qu’on doit se demander ce qu’il y a derrière le fait d’être originaire d’un pays. C’est tout ce qui renvoie à ce pays au delà des frontières, du passeport et du drapeau : son Histoire, sa culture, ses traditions, ses superstitions, ses couleurs, ses habits… J’aimerais que les gens soient fiers d’être Marocains en sachant pourquoi. Cette fierté s’exprime pendant les matchs de football de l’équipe nationale, durant les commémorations de la Marche Verte notamment. Mais connait-on vraiment la richesse de notre Histoire, de notre patrimoine, de nos histoires, de nos comptines avec leurs morales ? En chantant justement des chansons aux enfants, on fait rentrer un peu plus la culture marocaine dans leur vie.

Monpremierbebe.fr : Votre démarche mêle innovation et tradition : comment trouvez-vous l’équilibre entre les deux ?

Bassidi et Nana : On a longtemps assimilé la tradition à des choses démodées que l’on n’aime pas. Donc au Maroc certaines personnes en sont venues à repousser cette tradition pour être plus modernes. Ils se voulaient tourner vers le futur alors que les traditions peuvent être modernisées et s’adapter, comme cela se fait avec les caftans ou les djellabas par exemple. Avec le livre interactif Air d’Enfance, on a un outil qui vient intégrer des comptines traditionnelles au monde moderne. C’est notre façon à nous de remettre le beldi au goût du jour !

Vers d’autres projets aux couleurs marocaines

Monpremierbebe.fr : Quels retours avez-vous reçus de la part des parents, des enfants ou même des grands-parents ?

Bassidi et Nana : Les retours sont très touchants et fantastiques. Certaines personnes nous ont mis les larmes aux yeux car elles n’avaient pas entendu ces chansons depuis presque 20 ans ! Elles ont été bouleversées. Une femme, qui avait une nounou amazigh, a retrouvé les chansons de son enfance qu’elle n’avait plus entendues depuis longtemps et elle en a pleuré. Des grands-parents nous disent avoir passé du temps avec leurs petits-enfants autour de ce livre en dansant et en écoutant les paroles. Ces mêmes grands-parents ont même parlé de l’utilité du livre car leurs petits-enfants sont issus de deux cultures et n’ont donc pas uniquement la langue arabe dans leur quotidien. A notre tour, nous sommes donc touchées car lorsque nous avons imaginé ce livre, nous pensions à ce lien fort qui se tisserait au-delà de plaire uniquement. Sans oublier que les enfants ont même réussi à se l’approprier.

Monpremierbebe.fr : Avez-vous d’autres projets à venir pour continuer à valoriser le patrimoine marocain  ?

Bassidi et Nana : Nous allons tout d’abord sortir le Tome 2 d’Air d’Enfance. Il nous a tellement été demandé que nous avons décidé d’avancer son lancement ! Et puis nous avons à cœur de raconter l’Histoire du Maroc aux enfants à travers une série de livres avec le même format et en cinq tomes. Notre Histoire est incroyable avec des héros qui devraient être jalousés. On connait leurs noms à travers des rues mais on ne les traite pas à leur juste valeur. « Il était une fois le Maroc » sera le titre et il y aura des capsules de deux minutes avec des versions darija-anglais et darija-français. On parlera de la création du pays en passant par les grandes batailles, les grands personnages comme Tarik Ibn Ziyad, Yusuf Ibn Tashfin, Zineb Nafzaouia… Tout cela pour que les enfants voient de façon ludique que notre pays est l’un des plus anciens du monde. Ils garderont en mémoire de façon agréable – pour les parents aussi – leur patrimoine. Humblement, j’espère que cela inspirera la curiosité. On travaille également sur un dessin animé 100% marocain qui mettrait à l’honneur toutes nos traditions, nos valeurs, notre savoir et ces petites choses qui font que nous sommes qui nous sommes.

Monpremierbebe.fr : Enfin quel message aimeriez-vous transmettre aux familles marocaines, qu’elles vivent au pays ou à l’étranger, à travers Bassidi & Nana ?

Bassidi et Nana : Mon papa s’appelait Azzel Ouatane et mon oncle Azzel Maghrib donc autant dire que le patriotisme a toujours été dans nos gènes. Je suis moi-même amoureuse de mon pays car j’ai toujours baigné dedans, mais jusqu’à très récemment, je n’aurais pas été capable de tenir un débat et de fournir des arguments pour justifier cet amour et la grandeur de mon pays. Comme bien d’autres Marocains certainement. Donc un travail est nécessaire pour avoir des connaissances sur notre culture. Je sais, nous sommes en 2025 et nous vivons tous dans ce monde avec sa globalisation et son uniformisation… Mais en tant que Marocains, essayons de garder ces petites choses, aussi petites et « insignifiantes » soient-elles, qui nous différencient des autres et qui nous rapprochent en tant que peuple. Donc soyons fiers de qui nous sommes, mais surtout apprenons de quoi nous pouvons être fiers !

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