L’apprentissage de l’écriture chez l’enfant


Coucou (future) maman et (futur) papa !

Les enfants grandissent et dans leur développement vient l’apprentissage de l’écriture. Nous avons demandé à Hakima El Fakir, qui est graphopédagogue, formatrice et créatrice d’outils pédagogiques, de nous apporter son éclairage professionnel sur le sujet.

Je leur dirais que leur écriture ne définit ni leur intelligence ni leur valeur. Cliquez pour tweeter

Une autre manière d’accompagner les enfants

Halima El Fakir : J’accompagne les enfants, les adolescents et parfois les adultes qui rencontrent des difficultés avec l’écriture : lenteur, douleurs, crispation, manque de lisibilité ou perte de confiance. J’exerce au sein de mon cabinet “Booste ton écriture”, situé à Bondoufle, où je propose des accompagnements en présentiel et également en visioconférence partout en France. Mon objectif est d’aider chaque enfant à retrouver une écriture plus fluide, plus confortable et surtout plus sereine. Mon propre parcours a énormément joué. Petite, l’écriture était difficile pour moi et j’ai longtemps cru qu’il fallait simplement “faire plus d’efforts”. En découvrant plus tard la graphopédagogie, j’ai compris qu’il existait une autre manière d’accompagner les enfants, plus humaine et plus adaptée à leur fonctionnement. Ça a été une révélation et aujourd’hui, c’est devenu une vraie mission : aider les enfants à ne plus souffrir face à l’écriture et leur redonner confiance dans leurs capacités. Je travaille depuis de longs mois, avec réflexion et passion, sur plusieurs outils pédagogiques autour de l’écriture et des apprentissages. J’ai vraiment hâte de pouvoir les dévoiler prochainement, parce qu’ils ont été pensés pour aider concrètement les enfants, les familles et les professionnels au quotidien, avec simplicité, praticité et accessibilité.

Enseignement, formation et accompagnement individuel

Halima El Fakir : J’ai aujourd’hui choisi de me consacrer pleinement à la graphopédagogie, mais mon expérience dans l’enseignement continue énormément à m’aider au quotidien. Elle me permet de mieux comprendre les attentes scolaires, les réalités du terrain et les difficultés que peuvent rencontrer certains enfants en classe. L’accompagnement individuel me permet, lui, d’aller beaucoup plus loin dans l’observation et la personnalisation. Quant à la formation, elle me permet de transmettre mes connaissances aux parents et aux professionnels. Je continue également à beaucoup me former, parce que pour moi il est essentiel d’évoluer constamment afin d’accompagner les enfants de la manière la plus complète possible. Actuellement, je me forme à l’accompagnement logico-mathématique suite à une forte demande des familles. Beaucoup d’enfants rencontrent aussi des difficultés dans la compréhension des nombres, de la logique ou du raisonnement mathématique, et je souhaite pouvoir leur proposer un accompagnement adapté et bienveillant. Mon expérience a profondément influencé ma manière d’accompagner aujourd’hui. Petite, j’avais besoin d’être rassurée et surtout d’être comprise. Je sais ce que ressent un enfant qui doute de lui, qui a peur de mal faire ou qui pense qu’il n’est “pas capable”. Du coup, dans mon accompagnement, il y a bien sûr le travail autour du geste d’écriture, mais il y a aussi énormément d’écoute, de valorisation et de réassurance. Pour moi, un enfant apprend mieux quand il se sent en confiance et en sécurité.

Ses souvenirs d’école en lien avec l’écriture 

Halima El Fakir : Je me rappelle que j’empruntais parfois les stylos de mes camarades, parce que je pensais qu’une sorte de magie allait s’opérer et que j’allais enfin avoir la même écriture qu’eux. Je regardais leurs lettres, leurs boucles bien formées… Je me disais que le problème venait sûrement du stylo. Avec du recul, ça me fait sourire, parce qu’il n’y avait évidemment aucune magie. C’est un peu comme quand on est petit et qu’on pense que certaines baskets font courir plus vite. À cet âge-là, on cherche des explications simples à quelque chose qu’on ne comprend pas encore. J’ai réappris à écrire à l’âge adulte. Ça a été très fort. J’ai compris que mes difficultés n’étaient pas une fatalité. Réapprendre à écrire m’a aussi permis de mieux comprendre ce que vivent les enfants que j’accompagne et de transmettre beaucoup plus qu’une simple technique. Aujourd’hui, je peux dire que certains enfants manquent de préparation motrice ou compensent beaucoup, ce qui crée de la crispation et de la fatigue. Mais je pense aussi qu’aujourd’hui, on observe davantage ces difficultés qu’avant. À l’époque, beaucoup d’enfants étaient simplement considérés comme “lents” ou “pas appliqués”. Aujourd’hui, les parents écoutent davantage leurs enfants, ils sont plus attentifs à leur mal-être et cherchent plus facilement des solutions. On a aussi davantage de connaissances et d’outils pour comprendre ce qui peut gêner l’écriture. Il y a également ce qu’on appelle parfois les “enfants Covid”, qui ont parfois manqué de manipulation, d’activités graphiques ou d’apprentissage régulier de l’écriture pendant une période importante de leur développement. Et j’ai aussi l’impression que dans certaines classes, il y a davantage de photocopies et moins d’écriture manuscrite au quotidien. Pourtant, l’écriture a besoin d’être pratiquée régulièrement pour devenir fluide et automatisée. Ça a été très fort. J’ai compris que mes difficultés n’étaient pas une fatalité. Réapprendre à écrire m’a aussi permis de mieux comprendre ce que vivent les enfants que j’accompagne aujourd’hui et de transmettre beaucoup plus qu’une simple technique.

Les signes de difficultés avec l’écriture 

Halima El Fakir : Un enfant qui évite d’écrire, qui se plaint de douleurs, qui écrit très lentement, qui appuie très fort sur son crayon ou qui se fatigue rapidement peut avoir besoin d’aide. On peut aussi observer une perte de confiance, des tensions autour des devoirs ou un enfant qui connaît ses leçons à l’oral mais n’arrive pas à les montrer à l’écrit. Au cabinet, il est possible d’accompagner certains enfants dès la moyenne section, notamment lorsqu’on observe une tenue de crayon très “acrobatique”, une grande gêne ou un refus des activités liées au graphisme, au coloriage ou à l’écriture. En visioconférence, je commence généralement les accompagnements à partir du CP, lorsque l’apprentissage de l’écriture devient plus installé et que l’on peut travailler plus facilement certains points à distance. Les neurosciences nous permettent de mieux comprendre comment le cerveau apprend et automatise les gestes. Concrètement, cela change complètement la manière d’accompagner un enfant. On ne va pas simplement lui demander de refaire des lignes d’écriture encore et encore. On cherche plutôt à comprendre ce qui bloque réellement : est-ce un problème de posture, de coordination, d’attention, de fatigue cognitive, de mémorisation du geste ou encore de confiance en soi ? Cela permet de proposer un accompagnement beaucoup plus personnalisé, respectueux du rythme de l’enfant et surtout plus efficace. L’objectif, ce n’est pas seulement “avoir une belle écriture”, mais rendre le geste suffisamment automatisé pour que l’enfant puisse se concentrer pleinement sur ses apprentissages.

La dimension émotionnelle

Halima El Fakir : La dimension émotionnelle a une place énorme. Un enfant qui perd confiance en lui aura souvent plus de mal à progresser. L’écriture touche directement à l’estime de soi, parce qu’elle est visible à l’école au quotidien. Redonner confiance fait partie intégrante de l’accompagnement et peut parfois transformer bien plus que l’écriture elle-même. Les parents peuvent déjà éviter les comparaisons et les remarques culpabilisantes. Il est important de valoriser les efforts, d’encourager sans pression et de proposer des activités qui développent la motricité dans le plaisir. L’environnement émotionnel compte énormément et un enfant soutenu progresse souvent plus sereinement. Du côté des enseignants, il y a de plus en plus d’intérêt autour de ces questions. Beaucoup sont très investis, mais ils manquent parfois de temps ou de ressources spécifiques. La communication entre la famille, l’école et les professionnels est essentielle pour accompagner l’enfant de manière cohérente et éviter qu’il se sente en difficulté des deux côtés. J’ai souvent des frissons pendant les suivis, dès que je vois une évolution, que ce soit au niveau de la vitesse, du confort ou de la lisibilité. Voir un enfant écrire avec moins de tensions, reprendre confiance et retrouver une forme de sérénité dans les apprentissages, c’est extrêmement fort humainement. Ce qui me touche le plus, c’est de savoir que l’enfant peut enfin consacrer son énergie à comprendre, réfléchir et apprendre, sans être freiné en permanence par le geste d’écriture. Quand l’écriture devient plus fluide et plus automatisée, cela libère énormément de ressources pour les apprentissages.

Halima El Fakir a tenu à transmettre un message aux adultes et aux enfants qui doutent de leur écriture : “Je leur dirais que leur écriture ne définit ni leur intelligence ni leur valeur. Certaines personnes ont simplement besoin d’un accompagnement différent et de plus de temps. Il ne faut jamais perdre confiance en soi. Avec les bons outils, de la bienveillance et un accompagnement adapté, les progrès sont possibles“. Un grand merci à Halima El Fakir pour le temps consacré afin de réaliser cet article. Vous pouvez notamment la retrouver sur sa page Instagram : Booste.ton.ecriture

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