La charge mentale : c’est quoi ce truc ?


a charge mentale : c'est quoi ce truc ?

Coucou (future) maman et (futur) papa !

Ces dernières années j’ai découvert la charge mentale, aussi bien l’expression que la réalité sur le terrain. La réalité dans laquelle après une journée au travail sans oublier des courses, on enchaîne avec des tâches ménagères. A cela s’ajoutent des tâches administratives sans oublier de s’occuper des enfants EVIDEMMENT et de planifier la journée du lendemain. Pour parler de ce sujet, j’ai demandé des éclairages à Sabrina Larose, consultante parental, ludocoach, praticienne en ludopédagogie, coach en psychologie positive et formée en psychologie pratique et clinicienne.

La charge mentale : s'occuper des impôts, acheter du dentifrice, appeler la CAF, payer la cantine... Une grosse to-do list mentale ! Click To Tweet
Monpremierbebe.fr : Comment définissez-vous la charge mentale ?

Sabrina Larose : La charge mentale au quotidien est un concept en sciences cognitives. On l’appelle mental workload ou cognitive load. Ce qui semble typique de la (sur)charge cognitive, c’est la sensation de malaise associée à la difficulté à coordonner plusieurs tâches. Pourtant prises individuellement, elles ne sont pas forcément compliquées. Le cerveau sature dès qu’il doit se concentrer sur deux tâches en même temps. Par ailleurs, il y a deux types de surcharges qui associées contribuent à la surcharge mentale :

  • la surcharge mentale aiguë que nous ressentons quand nous nous forçons à réaliser en même temps des activités incompatibles sur le plan cognitif. Elles impliquent les mêmes réseaux de neurones. Par exemple, vous êtes entrain d’échanger par courriel d’un problème important et complexe. D’un coup vous recevez un appel téléphonique qui vous parle d’un autre souci tout aussi important. Sans oublier votre petit dernier, paniqué, qui vous annonce par SMS qu’il a inondé la salle de bains. C’était pourtant le moment de l’accompagner à son cours de gym. Alors vous faites l’expérience d’un goulot d’étranglement. Vous ne savez plus quoi écrire dans votre e-mail, vous ne trouvez plus vos mots au téléphone et vous ignorez vraiment quoi dire à votre enfant… Nous sommes incapables d’agir avec notre environnement tout en réfléchissant à autre chose car des aires cérébrales communes sont en jeu ;
  • la surcharge chronique est de devoir penser à tout. Personne ne nous demande de réaliser toutes ces tâches en même temps, mais la seule obligation est de ne pas les oublier.

Le point commun entre ces deux surcharges est l’accumulation de tâches qui, prises isolément, ne sont pas forcément compliquées. Mais si ces dernières s’accumulent dans la même fenêtre temporelle dans le premier cas, ce n’est pas le cas dans le second.

La charge mentale ne date pas d’hier

Monpremierbebe.fr : La charge mentale a-t-elle toujours existé ?
Sabrina Larose :  Devoir penser à tout, planifier, tout contrôler sans jamais mettre son cerveau en pause face à cette nécessité de contrôle : telle est la réalité de la charge mentale imposée – surtout aux femmes – par nos sociétés.
Le principe de la charge mentale ne date pas d’hier. En 1984, la sociologue française Monique Haicault décrit ce principe dans son article La Gestion ordinaire de la vie en deuxEn 1998, la sociologue américaine Susan Walzer publie un article sur son étude intitulée Thinking about the baby (Réflexions autour du bébé). Après avoir interrogé 23 couples devenus parents au cours des douze derniers mois, elle en déduit que ce sont souvent les femmes qui gèrent la charge mentale, émotionnelle et intellectuelle. Elle est liée à l’éducation des enfants et à la tenue du foyer. Susan Walzer constate que ces mères s’inquiètent, organisent et gèrent plus que leur compagnon. Cependant même lorsque les tâches domestiques sont équitablement réparties avec le père, ce sont elles qui établissent la liste des choses à faire.

La charge mentale ne touche pas que les femmes en couple avec enfants

Monpremierbebe.fr : Comment la maman d’un premier bébé peut-elle faire face ?
Sabrina Larose : Il y a trois choses qui peuvent aider la maman  :

  • faire une to-do-list. C’est une forme d’assistant personnel (sur papier ou smartphone). Sont notées des choses simples 
à réaliser, au bon moment, au bon endroit. Elle nous rappelle ce que
 nous avons à faire, ce qui « repose » ainsi sur notre mémoire dite prospective. Cela diminue la charge mentale ;
  • déléguer, savoir déléguer les tâches à notre conjoint et notre entourage. Cela doit être la tâche la plus compliquée pour accepter que l’autre ne la fasse pas de la même manière que soi ;
  • prioriser. C’est à dire qu’il y a des tâches qui sont importantes, d’autres non et on doit savoir les classer.

J’aime beaucoup ce schéma, que j’utilise lors de mes accompagnements. En effet, il montre comment diminue la charge cognitive (dont la source est Cerveau & Psycho) :

La charge mentale : c'est quoi ce truc ?

 

Monpremierbebe.fr : Est-ce que la charge mentale ne concerne que les femmes ?
Sabrina Larose : Le concept de charge mentale ne touche pas que les femmes en couple avec des enfants. Le Dr Scheinder explique “cela touche beaucoup les célibataires avec des enfants ou des personnes divorcées en garde alternée aussi, voire les hommes en congé parental, même si c’est plus rare“. On aurait pu penser que ce sont que les femmes qui sont concernées car nous restons aussi ancrés dans des anciennes croyances. La société moderne et plus particulièrement le monde du travail tel qu’on le connaît nous pousse à gérer plusieurs tâches en même temps. 

 

Un grand merci à Sabrina Larose pour ses réponses et sa disponibilité ! Et vous, ressentez-vous cette charge mentale au quotidien ?

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